dimanche 13 juillet 2008

Samedi : cap FLO

Il n'est pas toujours facile de se motiver le samedi matin 6h pour se lever et partir travailler à l'orphelinat.
Une grasse mat’ ne serait pas de trop, et même si je suis contente de contribuer –aussi modestement soit-il- au travail de cette organisation, il y a des jours ou l’appel de l’oreiller se fait pressant.
Bref, il faut préparer l’ordinateur, le dico et autres documents, puis, normalement je retrouve en bas de la maison le moto-dop avec qui j’ai conclu un accord, et c’est parti.

Manque de bol, ce matin, je ne le vois pas. Petit vent de panique, car l’orphelinat se trouve à l’extérieur de Phnom Penh, et parfois on ne veut pas m emmener. En plus il fait chaud ce matin.
Je trouve toutefois près de Norodom un moto taxi qui m’emmène parfois au boulot qui accepte de m’emmener.

Je passe près du marche Boeung Keng Kang, et hop, je remonte à contresens le boulevard Monivong, avant de me faufiler sur la bonne file, de prendre le fameux raccourci de la station-service pour tourner sur le long boulevard Mao Tsé Toung. Ça me met toujours de bonne humeur de voir que tous les Cambodgiens conduisent de la même façon. Le raccourci de la station-service, c’est pour éviter de patienter au feu, du coup, tout le monde coupe par les pompes. On gagne au moins 10 secondes. Bref et comme à chaque fois sur Mao Tsé Toung, c’est la fête. Des véhicules ou plutôt convois improbables surgissent de toutes les petites artères perpendiculaires. Le soleil donne déjà très fort, ça va être dur aujourd’hui. Je passe par un coin toujours embouteille dont je ne me souviens pas le nom, mais ou je peux apercevoir toujours avec plaisir le magasin où l’on râpe les noix de coco. Des centaines de noix de coco entassées sur le trottoir. Puis on rejoint la rue qui mène a l’aéroport après avoir passe le quartier où l’on travaille le bois et le métal. Tout le monde s’active déjà, on travaille tôt ici. Passe le panneau « Bienvenue et Bon voyage »-en français- de l’aéroport, je peux regarder s’il y a un avion ou deux qui décollent. L’aéroport est petit, et presque en plein milieu de la ville. C’est toujours très chouette du coup quand on atterrit a Pochentong. Il paraît que si le trafic augmente, l’aéroport déménagerait à 60 km dans la province de Kompong Chhnang. Je voudrais bien voir ça, 60 km de route cabossée pour arriver en route. Ah, oui mais je voulais l’oublier, si jamais l’aéroport déménageait, une autoroute serait construite dans la campagne pour relier le tout. Bref, au moment où la route se sépare en deux, à gauche vers Kampot et à droite vers Sihanoukville, là où il y a le gros rond-point avec la photo du roi, on revient un peu en arrière et l’on prend la route à péage mais que pour les camions, car ce sont eux qui défoncent le macadam- on passe devant le marché Chom Chao. Toujours des beaux étalages de fruits, mais pas le temps de s’arrêter il faut tourner à côté de la petite épicerie, et c est parti pour un kilomètre de chemin de terre, toujours cabosse, jusqu au portail de l’orphelinat. Et c’est déjà la campagne. Palmiers, rizières et vaches.

Le portail s’ouvre et je retrouve un des gardiens en uniforme, qui me fait signer mon heure d’entrée. Un stylo qui ne marche pas, puis un deuxième, puis un troisième.
Je me dirige sans plus attendre vers la maison de Madame Phaly, la directrice du centre. Quelques enfants qui partent à l’école m’interpellent. Il est 8h20.

Aujourd’hui, pas de Madame Phaly dans son bureau. J’imagine qu’ils sont encore en réunion pour préparer le départ des enfants à Honolulu. Au mois de septembre, une trentaine d’entre eux vont se rendre à Hawaii pour donner une représentation de danse Apsara. Les enfants attendent ça avec impatience. Ici, c’est toujours calme. La lumière tape fort, et j’entends en fond les enfants qui répètent la musique. L’instrument que l’on entend le plus c’est cette espèce de flûte, qui rend un son un peu nasillard, c’est très dépaysant, et j’aime ce son. On est dans le Cambodge des traditions, de la beauté. Le jardin là-bas est toujours en fleurs.

Je m’installe sur ma petite table sur la terrasse et je commence à travailler. J’ai de la chance, les jeunes femmes qui s occupent de la cuisine et du ménage là-bas ont compris que j’aimais le café glacé- il faut dire qu’il est bon, c’est du café du Rattanakiri- et elles m’en apportent régulièrement. Midi arrive déjà, mais toujours pas de Madame Phaly, et je n’ai vu aucun staff. Je commence à m’inquiéter, car je suis venue spécialement pour travailler avec la directrice. J en avais parlé la semaine dernière … Les filles me disent qu’il n’y a personne, et aujourd’hui au lieu d’aller au réfectoire pour déjeuner avec tout le monde, je mange toute seule dans la cuisine de Madame Phaly. Et comme toujours, la cuisine est délicieuse. Je voudrais bien qu’elles m’apprennent ces filles. Du riz, bien sur, et un peu de viande de porc sautée aux oignons, et comme toujours aussi, la soupe. Une soupe claire avec des légumes locaux et un peu de viande, à verser sur le riz. Et puis, en dessert, une mangue du jardin…
Bref, je mange en silence, si j’avais su, je serais aller manger avec les enfants. Et je me remets au boulot. À une heure, c’est dur. Il fait très chaud et j’ai envie de faire la sieste. Je me motive car la traduction est longue, mais je commence à être contrariée. Si j’avais su que personne n’était là, j’aurais travaillé à la maison. Ça m’aurait économisé 8 dollars de moto dop, et presque deux heures de transport dans la journée. J’aurais pu faire une pause pour aller au marché, ce qui m’aurait permis de remplir mon frigo qui est désespérément vide.

Vers 16h30, je vois Madame Phaly arriver ! Elle revient de plusieurs jours passes dans le Rattanakiri où elle a suivi la construction d’un second orphelinat. Personne ne m’a prévenu, et elle-même avait probablement oublié que je venais. La voilà un peu désolée de me voir seule, et pour me réconforter et s’excuser, elle m’offre une de ces délicieuses mangues du jardin. Il commence à pleuvoir, une de ces pluies très fortes qui caractérisent la saison des pluies ici.
Et mince, si ça se trouve, le motodop à qui j’ai donné rendez vous a 17h30 pour rentrer ne viendra pas. Je profite d’une accalmie pour sortir, et je le trouve m attendant déjà. Il est trempe, et quelques enfants autour nous indiquent un autre chemin pour rentrer. Le chemin que nous avons pris à l’aller ressemble à une grosse mare à canards boueuse. Quelle journée. Mais ma mauvaise humeur de la journée s’envole d’un seul coup, quand juchée sur ma moto, je vois un énorme arc-en-ciel au milieu des rizières. La lumière de fin de journée est magnifique ici, et ce spectacle vaut bien toutes mes misères de la journée.

Je rentre rassérénée et heureuse de ma journée.

1 commentaire:

Christine a dit…

Je viens de découvrir ton blog. je suis vraiment contente de pouvoir te suivre dans ta vie quotidienne. Ta description de l'arc en ciel au coucher du soleil m'a rappelé des souvenirs...La lumière est si belle dans ces pays!
Quand tu auras le temps, envoie-nous des photos des quartiers de PnomPenh qui font patie de ton quotidien.