mercredi 16 juillet 2008

Travailler au Cambodge ...

Bon, autant le dire tout de suite. Si la vie quotidienne ici n'est pas, en tous les cas, pour moi, une source de stress, le travail, c'est comment dire... folklorique ?

Non pas que le travail au sein de l'agence se passe mal, au contraire même. Je jouis d'une grande liberté d'action, et c'est tant mieux. Non, la difficulté, c'est l'échange avec les fournisseurs. Imprimeurs, fabricants de toute sortes.

La première difficulté ici, pour réussir à avoir un travail approchant de la qualite européenne, c'est le manque de compétences. Eh oui très peu de gens ont la chance d'avoir bénéficié de vraie formation professionnelle, tout simplement car il manque de gens qualifiés qui pourraient former les autres, et aussi parce qu il n'y a pas -ou prou- de centres ou écoles de formation technique. Ici tout s'apprend sur le tas ... Et parfois, on a des surprises ...

La seconde, c'est qu'ici il y a un manque cruel de matières premières. Demandez des papiers pour imprimer, on vous sortira trois pauvres types de papier. Si vous voulez un papier un peu coloré, on vous proposera d'imprimer une couleur légère dessus, puis de réimprimer le tout. Demandez n'importe quoi, si ce n'est pas du coton ou de la soie, on vous dira que tout vient de Chine, du Vietnam ou de Thaïlande. Encore une fois manque d'ouvriers qualifiés, donc à part le textile, pas de manufactures. Le fait que tout soit importé, vous donne des prix bien plus élevés que dans les pays voisins, et il faut commander en quantités astronomiques.Impossible de contrôler avant...
Des cheveux blancs pousseraient bien sur ma tête, si ce n'était que le soleil a déjà changé la couleur de mes cheveux noirs qui commencent parfois à tirer un peu sur le roux !
La troisième c'est que les khmers n'ont pas tout a fait la notion de temps que nous. Donc pressé ou pas pressé, il vous faudra bien prendre votre mal en patience. Je n'ai pas envie de critiquer cet aspect là, car bien sur ce n est pas un mal, et c'est pour ca que la vie ici se passe sans trop de stress. Mais parfois quand même... On vous dit "Je passe a votre bureau cet après midi" et trois jours après vous attendez toujours. On vous dit "Ce travail vous sera livre vendredi", et le mardi vous attendez toujours, et encore ça c'est quand on vous dit quelque chose... Quand on travaille dans un milieu khmero-khmer, ce n'est pas un problème puisque tout le monde fonctionne comme ça. Mais quand on travaille avec des occidentaux, cela crée comme un fossé. C'est sûrement pour cela que beaucoup d'occidentaux considèrent les khmers comme flemmards, ce qui est faux, d'ailleurs. Ils ne sont pas pressés, et grand bien leur en fasse. Ils cèderont bientôt comme nous tous, au monde du progrès que l'on n'arrête pas.

Bref, les clients s'y mettent aussi en oubliant de savoir ce qu'est un planning, khmer ou pas d'ailleurs, et viennent toujours vous réclamer un truc au dernier moment.

Entre ceux qui sont à la bourre et ceux qui sont à la traîne, ce n'est pas toujours facile de jongler.

La solution : oublier de penser le temps comme en France ou au Japon, se mettre au rythme local -ne pas oublier de ne pas trop faire de sieste- respirer un grand coup et tâcher de faire de son mieux, car de toute façon, avec ou sans nous, la vie continuera ...


PS : et toute personne possédant un bon capital patience et qui est prête à retrousser un peu les manches, a de bonnes chances de réussir ici.... en prenant son temps:

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