vendredi 8 août 2008

Mon premier taxi blanc

Il y a quelques mois, la première compagnie de taxis digne de se nom à vu le jour à Phnom Penh. Ces taxis fonctionnent comme les taxis-mètre en Thaïlande, à savoir que la course -kilomètres parcourus- sont comptabilisés par un compteurs, et vous reviendra à 2000 riels (1/2 dollar environ) du kilomètre. Une première ici, alors que diverses compagnies de taxis existaient déjà, mais il fallait négocier son bout de gras au préalable. Une petit révolution, d'autant que j'ai pu pour la première fois monter dedans, et que ce sont des taxis pas du tout bringuebalant (ben oui ici, quand même !) et très confortables.

Bref, tout de même je trouve que 2000 riels du kilomètre ça fait cher. Pour relier le centre ville de Phnom Penh à l'aéroport de Pochentong, il vous en coûtera environ 26 000 riels -soit environ 6,5 dollars- ce qui n'est tout de même pas donné (en moto on négocie la course à 2 dollars, en tuk-tuk entre 4 et 5 dollars.

Temps de pluie, et pas possible de se déplacer en moto ou en tuk tuk, tellement il pleut fort (et les rues ressemblent déjà probablement à des mares aux canards)
Pour ma première, j'ai eu la chance de monter avec un chauffeur bavard (enfin il est connu que les taxis aiment bien tailler une bavette avec les clients). Ce monsieur âgé de 46 ans, avait démarré ce boulot il y a quelques mois, afin de financer ses études !! Oui oui, 46 ans, comme il dit, c'est un peu vieux, mais il n'avait pas eu le temps avant. Avant, c'est qu'il travaillait dans les provinces de l'Est du Cambodge, Mondulkiri et Rattanakiri, loin de tout, où vous pouvez faire beaucoup de choses, mais sûrement pas étudier. Bref, il a repris un cycle d'étude en anglais, et en fait, il étudiera quatre années, tous les soirs entre 17h30 et 21h avant de passer son diplôme.
Taxi, par contre, c'est moins drôle : il travaille tous les jours -samedi et dimanche compris- de 6h30 à 17h, pour un maigre salaire mensuel de 100 dollars (encore qu'ici on puisse considérer pour les catégories non éduquées, et/ou pauvres- que cela est un salaire correct). Il me montre qu'il inscrit chaque montant de ses courses dans un petit cahier, et aujourd'hui comme il le précise, "j'ai gagné" parce que je suis sa dixième cliente.
Je fais un rapide calcul de ses avoir de la journée -il est allé trois fois à l'aéroport- et a déjà environ amassé une bonne trentaine de dollars. Je pense que son patron, lui, doit bien gagner sa vie.
Il m'explique aussi comment fonctionne son compteur, et que toutes les informations sont directement envoyées au bureau.
Il doit conserver tout l'argent, et le remettre en fin de journée, et cela l'inquiète beaucoup il a peur de le perdre !

La conversation dévie petit à petit, et nous voilà sur une conversation glissante : la politique. Bref, je ne vais pas vous faire le chapitre, mais s'il est vrai que le Cambodge est actuellement en développement, cela fonctionne pour certaines réions uniquement, et le fossé entre les pauvres et les riches ne fait que s'aggraver. On le voit tous les jours et c'est assez écoeurant.

Mais la balade est terminée, me voilà arrivée devant le bureau où je dois livrer des brochures que j'ai faites. J'ai passé un bon moment avec ce monsieur étudiant, et fier de l'être, mais malgré tout, je trouve que ces taxis font perdre de leur charme à Phnom Penh. Bientôt il y en aura de plus en plus, et les cyclos, tuk-tuk disparaitront.

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