dimanche 17 août 2008

Un dimanche à Phnom Penh : Kien Svay et Kun khmer

Bon, il y a tout juste une semaine, je me suis octroyée, sur l'invitation de mon boss et de l'un de ses amis, un petit dimanche bien agréable. Ces messieurs, sont venus me chercher vers 10h le matin, et cap sur Kien Svay, un petit coin où les Khmers aiment bien aller pique-niquer à une trentaine de kilomètres de Phnom Penh. J'étais déjà allée là bas il y a deux ans, et depuis le "complexe touristique" s'est bien développé. Enfin quand je dis développé, cela reste raisonnable: le petit marché de nourriture s'est un peu élargi, et il y a plus de petits restaurants.
Kien Svay, c'est un endroit situé sur la rivière "Bassac" dans la campagne proche de Phnom Penh, où des familles ont construit des petites paillotes en bambou et en feuilles de palmier sur l'eau (parfois plusieurs mètres au-dessus de la rivière) reliées à la terre fermes par de petites passerelles en bois.
Vous pouvez aller paresser dans ces petites cabanes, contempler le paysage bucolique (la rivière, les barques, les palmiers et le soleil), jouer aux cartes, tout en sirotant au choix une petite bière, ou un coca frais, après avoir commandé votre poulet, qu'ils iront chercher courant encore dans la cour avant de vous l'accommoder au choix en soupe ou grillé, au gingembre ou nature.
Quand vous sortez de votre torpeur, vous pouvez aller vous promener vers le petit marché qui regorge de petites merveilles gustatives -poissons grillés, poulets rôtis, fruits frais, maïs grillés et jus de sucre de canne- et puis parfois, de plats un petits peu moins ragoutants -grenouilles (proche du crapaud), tortues et insectes à profusion), et marchander pour rapporter votre dîner du soir à la capitale.

Bref, un instant de calme...

Avant le grand combat. Direction le stade de Kun Khmer de TV5, une télé locale qui retransmet des matches de boxe tous les dimanches. Eh oui, le Kun Khmer, c'est la boxe khmère, très proche de la boxe thaïe (c'est par ailleurs la boxe khmère qui aurait donné naissance à la boxe thaïe paraît-il, mais je ne m'étend pas sur la question...).
Si le football et le volley-ball sont des sports très populaires au Cambodge, la discipline Reine, reste la boxe Khmère.

Mon entreprise s'est lancée il y a peu de temps dans le sponsoring d'une étoile montante de la boxe, un garçon -plus tout à fait jeune pour un boxeur- de 27 ans nommé Chanda.
Bref, du coup -et cela ne m'est pas pénible- nous avons tous décidé de nous pencher de plus près sur les rings Phnom Penhois: eh oui il faut se tenir au courant pour soutenir notre poulain !
Nous voilà donc au stade de TV5 (ici, les matches de boxe sont diffusés en direct à la télévision: il y a plusieurs stades de boxes dans Phnom Penh, notamment celui de TV5, et de CTN, deux chaînes de télévision locale).
Ca démarre tout doux, avec de très jeunes boxeurs. A vue de nez 13-14 ans, mais ça cogne fort déjà.
Les gestes sont déjà sûrs, il y a cette petite danse avant le début du combat, la musique lancinante du petit orchestre qui accompagne chaque mouvement des boxeurs, et tout autour du ring, un attroupement d'hommes qui démarrent les paris.

Le ton monte à chaque combat. Première arcade sourcilière ouverte, puis les deux pour les suivants. Ca transpire ça saigne, mais ce sont de beaux combats. Les parieurs autour du ring se font aussi de plus en plus nombreux. Les gens applaudissent.
Tiens, je vois dans la foule un homme équipé d'une drôle de truc: il a accroché environ huit téléphone ensembles, quatre de face, quatre sur le dos, et tourne sans arrêt ses téléphones pour commenter le match pour les parieurs... Impressionnant.

Il est presque 18h et le soleil couchant donne à l'intérieur du stade cette couleur dorée si particulière des fins de journée au Cambodge.

C'est que ce jour là, les matches avaient attiré foule: clé des rencontres du jour, le gagnant repartait aux Etats-Unis pour un tournoi.

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