lundi 13 octobre 2008

A la recherche du temple perdu (part. 2)

Dès notre arrivée, nous nous rendons à la pagode pour aller brûler quelques encens, c’est Pchum Bendh : Après tout cela ne fait de mal à personne de prier pour la bonne santé et le bonheur des personnes qui nous sont chères, et même des autres d’ailleurs. Bien que ne fréquente pas assidument les pagodes, je commence à me familiariser avec ces gestes. Prenez trois ou cinq bâtons d’encens, que vous allumez. Vous vous agenouillez devant la statue de Bouddha, et les mains jointes, encens devant le nez vous adressez votre prière silencieuse. Après quoi vous pourrez déposer votre encens, et vous prosterner, en joignant les mains, trois fois.

J’aurai dû aller à la pagode pour faire « Boh Bay Bend » : toutes les nuits (vers 3h du matin), pendant la période de Toussaint cambodgienne, on peut se rendre à la pagode pour pratiquer le « lancer de boulettes de riz » ! Tout le monde se réunit et lance ces boulettes vers l’extérieur de la pagode pour apaiser les fantômes ou esprits qui reviennent errer sur terre.
Après deux jours de cahotage intensif, nous nous offrons une bonne petite pause dans l’un des nombreux bars de Siem Reap, un massage des pieds, et surtout une bonne grosse nuit, car demain, il va encore falloir se lever tôt pour essayer de dégoter le taxi collectif qui pourra nous mener à Preah Vihear pour un tarif honnête… Et encore un coup dans l’eau. Aujourd’hui c’est le dernier jour de Pchum Bend, et il n’y a pas de taxi. Plus encore que les autres jours, les gens se rendent dès le matin, en famille à la pagode… Je finis par me dire que c’est une malédiction et que je ne parviendrai jamais à me rendre jusqu’au fameux temple. Je savais bien que pendant la saison des pluies il peut s’avérer laborieux d’accéder à cette région, mais tout de même.
Un de mes amis doit absolument repartir demain sur Phnom Penh, et pour le moment, nous n’avons fait que de la route. Nous décidons de nous rendre pour la journée à Phnom Kulen, qui se trouve à une quarantaine de km de Siem Reap, et que personne d’entre nous ne connaît. Nous trouvons un touk-touk qui accepte de nous emmener, et je constate que les tarifs ont bien augmenté.

Pis encore, en cours de route, notre touk-touk, suivi par son père en moto, s’arrête, et, arguant que la route n’est pas praticable en touk-touk pour aller jusqu’au bout de la montagne, il nous demande d’allonger 10 dollars de plus que le prix négocié au départ. Et là, c’est la crise. Point positif de l’affaire, c’est que je peux en profiter pour pratiquer mon khmer. Les deux prêtent une oreille impassible aux deux « barangs » qui baragouinent en khmer, et mon ami cambodgien tente de rattraper le coup sans que personne n’y perde la face : les deux barangs en ont marre qu’on les prennent pour des touristes, et le père et le fils arborent la mine butée des mauvais jours… Rien n’y fait et nous décidons de repartir à pieds.
Quelle belle journée en perspective : nous trouvons à plus de vingt km de la ville, il va falloir user ses tongs si on veut rentrer avant la nuit…

Finalement, le père du touk-touk nous rattrape un peu plus loin. Il ne semble pas être au courant de la petite arnaque montée par son fils, et il propose de nous emmener là-haut pour 5 dollars de plus. Bien que nous n’aimons pas perdre la face dans notre combat contre les arnaqueurs (il n’y en n’a pas encore tellement ici en comparaison à la Thaïlande, mais sur certaines régions très touristiques comme Siem Reap, les gens ont bien compris comment ca marchait), il ne nous reste plus qu’à nous rendre à l’évidence : si nous voulons profiter un peu de nos vacances, nous devons accepter le marché.
Et voilà l’équipage, le fils, Sovan et moi sur une moto, et Benoit avec le père sur une autre, enfin en route pour de nouvelles aventures. Après quelques km nous passons le péage. Autant vous le dire tout de suite, les tarifs pratiques sur les étrangers sont honteux : deux mille riels pour un local, contre vingt dollars pour un étranger. Je suis dégoutée, parce qu’avec mes lunettes de soleil et mon bronzage, je peux passer pour une Cambodgienne, mais le moto-dop a bien précisé au garde qui demandait si nous étions tous khmers, qu’il y avait deux khmers et un barang sur sa moto. Allez hop, mon porte monnaie se retrouve soulagé de vingt dollars.
Cela me serre d’autant plus le cœur que je sais pertinemment que ce n’est pas de l’argent qui finit dans la poche des locaux : comme Angkor, la plupart des sites touristiques des environs sont mis en concession par le gouvernement. Des entreprises privées, s’engraissent à exploiter le patrimoine cambodgien, vendu par un gouvernement corrompu dont les membres en profitent également au passage pour se servir grassement…
Cependant, j’ai décidé de profiter de cette journée coûte que coûte, et je me reconcentre sur la route, qui nous réservent quelques surprises : une route étroite, serpente dans la jungle avec des côtes parfois très très pentues. Pour aider un peu la moto, nous avons intérêt à nous pencher en avant pour ne pas verser en arrière.

Bien que je sache que les environs sont encore parsemés de mines, je profite de cette jungle, dense et la bonne odeur de verdure que fait ressortir l’humidité ambiante.

Après une demi heure de route, nous arrivons au premier centre d’intérêt, une cascade à deux étages, ou les locaux aiment bien venir se baigner et pique-niquer. Des petits stands de souvenirs locaux se déroulent, où vous pouvez acheter nombre de médecines tirées de la foret : racines, essences de bois, et même du miel d’abeille sauvage. Je passe devant pour me retrouver au premier niveau de la cascade. Tout le monde s’amuse, et se baigne tout habillé, à la mode cambodgienne.
Ca fait du bien. En dessous encore, une cascade, plus grande encore…

Petit instant kitsch de la journée: des Cambodgiens ont installé une petite balançoire devant la cascade. Prenez la couronne de fleur accrochée à l'arbre, et le tour est joué, vous repartirez avec un souvenir inoubliable, que vous pourrez accrocher sur votre mur, sous la photo du Roi père et de la Reine mère, entre la photo de vous et votre nouvelle moto, et de celle de vos enfants :-pNous remontons déjeuner, et nous invitons nos guides à se joindre à nous pour déguster un bon poisson grillé. L’orage est passé, et nous jouons aux cartes tous ensemble avant de ré-enfourcher nos montures pour nous rendre à un Wat (pagode) qui se trouve quelques km plus loin. En chemin, nous croisons, sortie de nulle part, une école fraichement construite par Samdech Hun Sen. Environ 70 enfants sont scolarisés ici, et j’apprends à ma grande surprise que 3000 personnes vivent dans ces montagnes !
Le Wat est assez surprenant : sculpté sur une roche énorme, un bouddha allongé très ancien. Plus récemment un petit bâtiment a été construit, perché sur cette roche, pour protéger le divin dormeur.
Il nous reste très peu de temps : les nuages s’amoncellent, annonciateurs de pluie, et autant vous dire que je préfère ne pas faire la descente sous la pluie, bonjour la patinoire. Nous filons voir la rivière aux mille lingas, ces sculptures de pierre au formes phalliques, issus du culte hindouiste (avatar de Vishnu ?). Déception, car la rivière est haute, et nous ne verrons presque rien de ces sculptures submergées par le flot.
C’est en courant que nous rejoignons nos motos, espérant passer à travers les gouttes. Peine perdue. Nous descendons en roue libre, priant pour ne pas déraper sur les mares de boue, et à mi-pente, nous rencontrons une voiture qui a loupé son virage, et qui a bien failli finir quelques centaines de mètres plus bas…


Les 7 personnes se trouvant à l’intérieur du véhicule ont pu en réchapper, mais je pense que la voiture sera difficile à récupérer… Nous rentrons sans encombres.
Et demain, nous nous ferons une nouvelle tentative pour nous rendre à Preah Vihear.

1 commentaire:

Benoit a dit…

Quelle aventure cette journée !!!!