mercredi 29 avril 2009

Une petite virée pour le nouvel an khmer (1)

Pour entrer dignement dans l'année du boeuf, nous avons profité, entre copines, des jours de congés octroyés pour l'occasion. Au programme virée de luxe, puisque nous partons dans la super voiture de Sotheavy, ce qui nous permet de passer par le chemin des écoliers...
Départ de Phnom Penh, direction le Sud, vers Takeo, puis Kampot. La encore, pique niaue de luxe dans une petite pagode de Pour entrer dignement dans l'année du boeuf, nous avons profité, entre copines, des jours de congés octroyés pour l'occasion. Au programme virée de luxe, puisque nous partons dans la super voiture de Sotheavy, ce qui nous permet de passer par le chemin des écoliers...
Départ de Phnom Penh, direction le Sud, vers Takeo, puis Kampot. La encore, pique niaue de luxe dans une petite pagode de campagne, puisque Marie, commerciale en vin de son état, nous a fourni la petite bouteille de blanc qui va bien, et que Anne, en visite au pays du Sourire, a elle apporté le petit pot de foie gras. Bref, digestion paresseuse à l'ombre des arbres de la pagode, où nous nous retrouvons rapidement entourées de vieilles dames aux gencives rouges -béthel oblige- qui nous expliquent que nous sommes en train de faire la sieste sur une fourmilière... Et voilà pour nous une occasion inespérée de nous rapprocher du Preah Puth -Bouddha- puisque nous migrons tout près de sa statue installée sous un petit kiosque, non loin de la pagode.
Nous reprenons la route, et arrivons en fin d'après midi à Kampot, où nous ne pouvons résister au plaisir de piquer une tête dans la rivière... Ambiance de rêve...



Un jolie paysage et une lumière de fin d'après midi, une eau fraîche après une bonne journée de route, et nous voilà prêtes à partir à la recherche d'un logement.



Le lendemain matin, ayant prévu de nous rendre au Bokor, montagne qui abritait au bon vieux temps de Sihanouk une station climatique, nous préparons -comme toute bonne cambodgienne ou du moins habitant du Cambodge se doit de faire- de quoi nous sustenter. Nous passons donc par le marché de Kampot, transformé pour le Nouvel An en véritable fourmilière : chacun s'affaire à ses préparatifs de repas et d'offrandes, et si les marchés de Phnom Penh sont désertés, ceux de province regorgent de vivres tous plus appétissants les uns que les autres. Nous plongeons dans cette marée humaine et ressortons suant et soufflant victorieuses : fruits, nouilles, et autres snacks feront partie de notre déjeuner.
Mais quelles sont ces petites choses bizarres qui sèchent au soleil près du marché ?


Bingo ! Ce sont des noix de cajou, qui sont ma foi, très bonnes au Cambodge. Et petite information, l'arbre qui porte les fruits et la noix de cajou se nomme "anacardier". Eh oui.



Nous quittons Phnom Penh pour le Bokor. Le site est actuellement fermé pour "cause de travaux". Le site a été donné en concession à Sokimex, géant pétrolier local, pour l'exploitation touristique... Il est donc presque trop tard pour profiter de cet endroit. Exceptionnellement, le Bokor est ouvert aux visiteurs pour la durée du Nouvel An Khmer... moyennant finance. Khmer, gratuit, étranger 5 dollars. S'il n'y a rien à faire pour Marie et Anne qui sont décidément trop blanches et qui ne parlent pas khmer, Sotheavy part au front pour négocier, et je la rejoint rapidement pour faire démonstration de mon khmer devant les policiers et autres gardiens du parc. Ca paye : me voilà exemptée de droit d'entrée, par contre, un des gardiens, après inspection de la voiture, nous confirme que les deux blanches ne s"en sortiront pas à si bon compte.
Après ce petit épisode, une idée sort tout de même : Sotheavy me suggère de dire la prochaine fois que je suis métisse khmère-coréenne. Hé hé l'idée m'amuse, j'ai eu l'occasion de tester la crédibilité de l'histoire depuis ça passe comme une lettre à la poste (pas cambodgienne évidemment).


S'ensuit une longue ascension par une petite route sinueuse, deux heures de trajet avant d'atteindre le sommet.



Je dois dire que dans mon classement des "sensation d'être retournée vers un âge préhistorique", si le Rattanakiri était bien placé, la route que nous suivons n'est pas en reste. La route créée une trouée dans une jungle dense et bruissante, peuplée de sorte de palmier sauvages géants, de lianes et de drôles de cris d'oiseaux.

Petit à petit la forêt disparait, et nous faisons irruption sur un plateau, qui pourrait par ailleurs ressembler à nos anciennes montagnes françaises... Si ce n'est la présence d'anciens bâtiments désaffectés aux murs recouvert de mousse couleur cuivre. Ici, l'ancienne cuisine du Roi, avec une belle vue sur la plaine... Le ciel devient blanc, le brouillard arrive, il fait enfin frais... Là bas, sa demeure...
Nous traversons ensuite un lieu qui me chagrine : les fondations pour un nouveau Casino, qui sera construit et géré par Sokha, la branche construction de Sokimex. Un panneau affiche fièrement une reconstitution 3D de ce que sera le bâtiment : un grand building sino-moderno affreux, et qui se fera fort de recueillir tous les friqués de la région, qui arriveront peut être par hélicoptère, ou encore par le fameux téléphérique qui sera peut être construit par une société française.
Nous tournons rapidement le dos à cette horreur pour faire face à l'ancien Casino... Hôtel typique des bâtiments d'architecture coloniale, dont le faste a été mis à mal par la guerre, et laissé à l'abandon depuis... Voyage dans le fantastique...





Nous nous laissons aller à errer dans le bâtiment désert, un peu cassé, avec des murs aux couleurs formidables,et des espaces à l'abandon très impressionnants. Des frissons, surtout quand nous devons monter à l'aveuglette dans de petits escaliers en colimaçon.


Ce lieu fait partie, avec quelques autres dans le Cambodge, de ces lieux où il reste un-je-ne-sais quoi de profondément inquiétant, où vous avez la sensation de faire un expérience des tragédies passées, tout en étant imprégné du calme du lieu abandonné.


Nous décidons de dédramatiser en prenant la pause dite de l'Apsara, et je vous laisserez juger si nous sommes dignes descendantes des Apsaras de pierre d'Angkor...
De gauche à droite, Marie, Anne, Sotheavy, et moi.


Dernière vision étonnante, l'ancienne église du Bokor.
Puis sans nous retourner et après une bonne nuit à Kampot, nous mettons le cap sur Ream et Kompong Som, où nous avons prévu de passer les fêtes du Nouvel An proprement dites.

1 commentaire:

christiane a dit…

Bravo les filles!..c'est une super balade..belles images ..il y a encore tant de choses à découvrir dans ce beau pays..
Biz