lundi 4 mai 2009

Virée : Sur les traces de Marguerite Duras (2)



... Ou plutôt sur les traces des lieux du tournage du film de Rithy Panh, un Barrage contre le Pacifique, du roman du même nom. Pour ceux qui n'en n'ont pas entendu parler, c'est un film du réalisateur Cambodgien (connu notamment pour ses documentaires S21, la machine de mort khmère rouge, Les gens de la rizière ...), qui retrace l'histoire de la mère de Marguerite Duras, qui s'était vue attribuer un vrai cadeau empoisonné par l'administration française, des terres inondables dans la province de Kampot. Je ne vais pas vous faire le résumé du film, je noterai cependant que les projets de barrage de cette femme pour lutter contre l'inondation des rizières par les eaux salées trouvent un écho de nos jours : en ces lieux occupés à l'époque par la famille de Marguerite Duras, à Pre Nup, un projet de polder développé par l'AFD (agence française de développement) et qui a par ailleurs échoué une fois, a permis aux paysan des gagner sur la mer. Quant au film Le principal intérêt réside dans la beauté des paysages cambodgiens.
C'est sous une pluie torrentielle -le chemin s'était véritablement transformé en rivière, que nous avons "roulé" sur les traces du Barrage contre le Pacifique.

Première étape "Chez Bart", où dans le film le troquet où se retrouve colons et riches exploitants le dimanche, pour danser ou boire un verre (et plus si affinités). Le bâtiment construit pour les besoins du film, est resté, dans un petit coin de nature confidentiel, nous en avons profité pour nous y installer le temps d'un pique nique avant de reprendre la route vers la plage.


Après quelques kilomètres d'aventures glissantes et boueuses, nous sommes accueillies par une vision de rêve, ou une magnifique cocoteraie en bord de plage quasi déserte...


C'est un paysage qui m'avait profondément marqué dans le film, vision de paradis terrestre -moins, dans notre cas, le soleil... Mais bon, on ne peut pas tout avoir.


Bien sûr, la plage n'est pas ce qu'elle devrait être, car il manque le soleil, mais encore une fois, une baignade dans un lieu désert, ça se savoure...


De belles couleurs, nous avons la plage et le chemin quasiment pour nous seules. Quel bonheur.
Nous admirons aussi la belle maison de style typiquement khmère, reconstitution de la maison des Duras.


Cap ensuite sur Sihanoukville où nous comptons fêter dignement le Nouvel An Khmer. Après une soirée "dégustation fruits de mer" en bord de plage -remplie de khmers pour les vacances- et une bonne nuit, nous voilà à pied d'oeuvre pour préparer notre passage au Wat Leu ou pagode d'en haut. Nous allons donc au marché préparer des offrandes de nourritures, nous changeons en tenue traditionnelle, et direction la pagode.

Dépaysement garanti : une arrivée "rugueuse"... Aux premiers abords de la pagode, nous nous faisons aborder par des dizaines d'enfants en guenilles, petites allumettes dépassant des shorts noirs de crasses et cheveux roux en bataille, des hordes d'estropiés, nous voici plongés dans la cour des miracles khmères. Choc au coeur, mais il fallait s'y attendre. En cette période de fête, les Cambodgiens viennent à la pagode munis de leurs cantines à étages remplies de nourriture en offrandes pour les moines, mais personne n'oublie également de changer quelques dollars en liasses de billets de 100 riels qui sont distribués à tour de bras aux habituels laissés pour compte. De la chaleur, avec un soleil écrasant, de la saleté, du bruit et beaucoup de couleurs, avan que nous puissions nous engouffrer dans la pagode.


Là aussi, un spectacle prenant... Des peintures murales relatant la vie de Bouddha hautes en couleur, des dizaines de bonzes assis, psalmodiant des chants religieux, face au dizaines de fidèles assis par terre, les mains jointes. Des monceaux de nourritures accumulés pour l'occasion, tellement que les bonzes ne pourront accepter la notre, car il n'y a plus d'assiettes disponibles. Après avoir béni notre repas, les bonzes nous redonnent notre cantine, nous auront donc droit à un repas béni ce midi.


Les chants hypnotiques sont accompagnés d'une fumée et d'une odeur très forte d'encens, et c'est un peu désorientées que nous nous dirigeons vers l'autel, bruler quelques bâtons, et faire quelques donations pour la pagode.
A peine ressortis, nous avons la sensation d'avoir traversé un rêve...


Bienvenue dans l'année du boeuf.


[Photos de la pagode par Anne Hermal]

1 commentaire:

christiane a dit…

J'ai tellement aimé ce livre que j'espèrais bien voir le film en rentrant du Cambodge..mais il avait déjà disparu des écrans marseillais à mon grand désespoir!
j'attends que le DVD sorte..tes photos sont magnifiques.
Biz