jeudi 14 octobre 2010

Wanted!

Une phase de recrutement pour développer et agrandir notre équipe de design graphique est démarrée.
Il est vrai que le secteur du design graphique au Cambodge est bien pauvre.
Hormis l'école privée Limkokwing qui a ouvert ses portes il y a un ou deux ans à Phnom Penh et qui proposent des cours que seuls les plus privilégiés du pays pourraient s'offrir, et une école des Beaux Arts tout droit sortie du 19e siècle, il est difficile de trouver de bonnes formations en design.

Alors, des personnes convaincues que leur profil de développeur informatique convient tout à fait au poste de graphiste créatif que nous recherchons sont légion... Ou encore, les personnes ayant suivies les trois semaines de formation Photoshop et qui se disent graphistes ne manquent pas non plus. Le pompon revient tout de même à un jeune homme ma foi fort volontaire, ayant pour expérience un ou deux années en tant que réceptionniste dans un hôtel miteux, et ayant de bonnes connaissances du traffic law. C'est vrai que sont profil correspond absolument au métier. Soyons tolérant, comme on dit, qui ne tente rien n'a rien.

CV en bonne et due Word-forme -ce qui ne devrait pas exister chez un designer, encore le coup du cordonnier mal chaussé- et photo d'identité en costume et sur fond bleu, des problèmes de tabulations à
toutes les lignes, quand ils ne sont pas truffés de fautes d'orthographe.

Plutôt qu'une présentation -pourtant réclamée dans l'annonce d'offre d'emploi- les Cambodgiens nous fournissent des dizaines de pages de photocopies de diplômes, pouvant aller du diplôme du baccalauréat, au diplôme délivré à la fin de session d'apprentissage des outils du Pack Office, ou encore de la participation au dernier design contest Randonal ou je ne sais quoi encore. (Randonal, si si c'est ce qu'on appelle du vin au Cambodge, populaire chez les jeunes -surtout pour le concert annuel organisé sur les plages de Sihanoukville avec toutes les stars locales)
Certains sont même allés jusqu'à m'envoyer une présentation complète de la famille, état civil, employeur et lieu de vie du père de la mère et des frères et soeurs... Bref, c'est pas évident.

Je ne passerai sous silence la question de la lettre de motivation...

Bref, c'est la que la notion de ressource humaine en France et au Cambodge ça n'a à peu près rien à voir.

Les entretiens, après sélection de candidats heureux triés sur le volets, nous le confirmes très rapidement. Espoirs fous déçus en parfois quelques secondes de vis à vis, demandes salariales des plus téméraires -je souhaite doubler mon salaire par rapport à mon emploi actuel...

Bref trois mois de recrutement, et une personne seulement pour le moment qui m'a fait à demi soulever la paupière, on a beau vouloir être un élément actif dans la démarche de professionalisation de la jeunesse khmère, c'est difficile d'avancer.

1 commentaire:

Est-elle a dit…

Hier je crois que c'était le pompon.
Un postulant, rendez vous à 10h, toujours pas en vue à 10H30.
Je téléphone quand même parce que je m'inquiète. Non, monsieur est busy avec son travail -tandis que moi je me tourne les pouces bien sûr.
Je donne quand même une chance, et demande à quelle heure ça l'arrangerait. 15H me répond-il.
A 14h50 je reçois SMS et mail me disant que le monsieur est trop pressé et à trop de travail pour venir. Et que quand même il aime notre entreprise et que donc, il espère pouvoir avoir l'opportunité d'avoir un autre entretien. Ben comme on dit, il peut se gratter.