samedi 5 mars 2011

Le point sur la circulation


Ayant démarré, depuis quelque temps la conduite à moto dans Phnom Penh, sous l'aimable direction de l'un de mes collègues qui m'enseigne jour après jour les secrets de la bonne manipulation de l'engin ainsi que les petites astuces pour sortir toujours vivant du trafic phnom penhois, je me devais de faire un petit point circulation !

Eh oui, passager ou conducteur, on change un peu sa vision des choses, même si tout le monde s'accordera à dire que le trafic routier dans Phnom Penh est un bazar sans nom, est bien courageux qui s'aventurera à s'y frotter. Cependant, pour des raison d'autonomie, après trois ans, il fallait bien que je m'y mette.

Alors, mettons les choses au point, ici tout le monde sauf moi, sait conduire une moto. Disons plutôt, tout le monde sait se déplacer sans problème sur un véhicule deux roues motorisé. Le permis ayant été rendu obligatoire, les Cambodgiens se rendent dont à moto -quand il y vont- sur le lieu du test qui leur permettra d'obtenir leur papier... et ma foi, me voici donc bien dans l'obligation d'apprendre à conduire avant de passer mon permis !

Des séances d'initiation à la campagne auront été fort utiles, et me voici donc maintenant à conduire le soir ou dans les petites rues pour éviter les contrôles de police qui ne manqueraient pas de mon coller une prune si il m'attrapaient, encore que pour cela, avec ou sans permis, nous sommes tous égaux, tout le monde y a droit régulièrement.

Mais revenons à nos moutons... La circulation à Phnom Penh...
Il existent certaines particularités comportementales du Cambodgien au guidon et au volant qu'il convient de connaître pour pouvoir naviguer à vue dans les rues de la capitale...

Parmi lesquelles :

Bien qu'étant équipé de rétroviseurs, le Cambodgien ne regarde jamais ce qui se passer derrière lui ( ou alors il se retourne pour regarder ce qui arrive derrière, ce qui fait qu'il ne voit pas ce qui se passe devant). Les rétroviseurs sont des ornements qui ont trouvé leur place originale sur le guidon d'abord parce que toute absence de miroir est sanctionnée d'une amende, et ensuite, parce qu'il est bien pratique pour se recoiffer quand on a sa coiffure qui s'est foutue en l'air sous ce foutu casque que tout conducteur est maintenant obligé de porter sans quoi il devra également payer une amende (depuis janvier 2009).

Le Cambodgien aussi bien sur quatre roues que sur deux, ne sait pas attendre. La priorité, connait pas. Il essaiera toujours de trouver la brèche pour se faufiler, et gagner quelques centimètres, quitte à rouler en sens interdit et bloquer l'ensemble de la circulation de parfois tout un quartier.
Il m'est arrivé de voir à un carrefour où il n'y avait pas de feux, complètement bloqués, les arrivants des quatre côtés et de tout type -4x4, motos, vélos, camions- refusant de se laisser passer les uns les autres, se retrouvant bloqués, en une sorte de puzzle géants, dont l'espace entre chaque pièce ne devait pas excéder 10 cm. Je plains le policier -c'est rare pourtant- qui a dû être dépêché dans ce bazar pour démêler tout ça.
Personne ne cédant la priorité, je vous laisse imaginer ce que peut donner l'exercice sur un rond-point...

Les feux parlons-en. Si le feu est une avancée arrivé il n'y a pas si longtemps dans les rues de la capitale, il représente un progrès pour la régulation de la circulation, d'autant que maintenant, les délais sont à peu près respectés, les conducteurs ne démarrent plus 20 secondes avant que le feu ne passe au vert.
Cependant, il représente un gros danger la nuit, tous les feux passant au orange clignotant, et les grosses voitures se transformant en fous du volant, mieux vaut veiller au grain pour ne pas finir en paillasson pour les 4x4 de ces riches messieurs qui pensent que la nuit, tout est permis.
Les feux présentent également un spot de choix pour nos amis les policiers qui aiment à épingler les réfractaires. Je me pose tout de même la question de savoir si ils n'ont pas tendance à faire de la discrimination positive et à placer aux carrefours de choix de policiers daltoniens. La semaine dernière, arrêtés deux fois -avec une fois un conducteur cambodgien, une fois un conducteur français- nous avons été amendés pour passage au feu ... vert...

Aussi énervant que les fous du volant, les mous du genou au volant. Sous couvert de prudence, certains roulent vraiment lentement, voire s'arrêtent parfois carrément en plein milieu de la route, tant pour passer un coup de fil, tant pour acheter à un marchand ambulant un petit snack... C'est d'autant plus dangereux que ceux qui vont lentement, on tendance à ne pas rouler droit...

Il faut également ne pas oublier que dans ce pays tout n'est pas acquis, et vous aurez beau rouler du bon côté de la route -on circule normalement comme en France, à droite- vous verrez continuellement surgir motos et, plus encombrants, grosse bagnoles rutilantes, du mauvais côté de la rambarde...
Virage mal négocié, flemme de faire le tour, bref toutes les raisons sont bonnes pour aller à contre courant et procurer parfois des sueurs froides au conducteur qui vous fait fasse et qui est lui dans son bon droit...

2 commentaires:

Benoit a dit…

J'aime beaucoup!
Je me souviens quand je rentrais de CK, régulièrement la route était bloqué, avec des voitures à 4 de front sur les 2 voies! Impossible donc d’espérer avancer...

Est-elle a dit…

Il y en a tellement à raconter qu'il faudrait un bottin pour espérer tout lister...