dimanche 7 août 2011

Pas folle la dengue... (entre autres déboires de santé)

Image tirée du site
http://martinique.la1ere.fr/infos/actualites/des-moustiques-genetiquement-modifies_44096.html

Une bonne raison pour ne pas avoir alimenté le blog de mes aventures cambodgiennes... On se dit toujours que c'est le truc qui n'arrive qu'aux autres... mais après trois ans à crapahuter, il fallait que je teste les lits des hôpitaux du Cambodge. Et pour ne pas garder le meilleur pour la fin, c'est une savante combinaison de typhoïde et de dengue en un seul pack qui m'a envoyé au tapis.
Et, par la même occasion, j'ai pu constater qu'il était toutefois toujours mieux d'éviter de tomber malade au Cambodge.

Pourtant, la dengue, est, me direz-vous, bien connue des médecins locaux... Transmise par les moustiques en journée et jusque dans les villes, la dengue attaque le pays par vague épidémique ayant lieu, une fois tous les 3 à 5 ans, dont bien sûr cette année également. Et cette année, elle ne m'a pas loupée.

Grosse fièvre, suées, même l'oreiller fait mal au crâne... Et puis épuisement, le moindre clignement d'oeil vous bouffe la réserver d'énergie que vous aviez encore réussi à ne pas perdre lors de votre dernier trek vers les toilettes...

Heureusement, les médecins ont suivi l'affaire de près, et je ne pourrais en dire de même des infirmières...
en huit jours d'hospitalisation, mes draps ont été changés une seule fois, de même pour ma serviette de bain. Assez rapidement, plus de shampoing, plus de savon, plus de papier toilette...
Mon verre a été rapidement rincé une fois, pour le reste du temps il est resté abandonné sur ma tablette, jamais débarrassée, côtoyant de vieux couverts usagés, de la nourriture que je n'ai pas pu manger, des poudres de médicaments s'étant déversées de gélules non hermétiquement fermées.
J'ai pu voir également que mes aiguilles de perfusion n'ont pas été changées tous les trois jours comme prévu, que, suite à une erreur (?) les trois-quart d'un médicament donné en perfusion a été vidée sous mon nez au pied de mon lit, quand j'ai mis les pieds dedans pour aller aux toilettes...
J'ai dû "aider les infirmières" en éteignant moi même mes perfusions qui se terminaient, et ce en plein milieu de la nuit...
Pas d'eau à moins d'en réclamer à corps et à cris, et les mesures prises par les médecins jamais appliquées... Mes défenses immunitaires ayant flirté avec le sous-sol, les infirmières auraient dû rentrer masquées et en ayant préalablement ôter leurs chaussures... Ce qui bien entendu n'a jamais été le cas... Un moindre mal quand on voit que la désinfection de la chambre se résume à un coup de serpillère passée en trente secondes montre en main un jour sur deux!


Bref, puisqu'il parait que la dengue vous fout le cafard, j'ai bien pensé mourir deux fois, la première fois parce que vraiment j'étais lessivée, et que je me demandais bien comment j'arriverai à trouver l'énergie en moi-même pour ressusciter, la seconde d'une de ces infections qui se contractent dans les hôpitaux même en France... A plus forte raison, dans ces conditions, je ne voyais pas bien comment y couper !

Je me suis demandée également comment faisaient les personnes qui tombaient malades sans famille ou sans amis autour pour pouvoir s'occuper d'eux. C'est très simple, si je n'avais pas eu d'entre eux pour venir chaque jour m'apporter un peu de nourriture -et bien que je n'aie pas pu manger autant qu'il l'aurait fallu- j'aurais pu peut être entre temps mourir de faim !

Voyons le bon côté des choses, c'est que j'ai pu développer pendant ce séjour mes capacités en relaxation et méditation, ce qui m'a permis de ne pas céder à des angoisses grandissantes ! Une petite mention spéciale pour le jeune homme venu réparer ma douche -les douches froides quand on a un bon 39,5° de fièvre, c'est pas très agréable, qui est venu en tong cracher dans ma douche, avant de venir me voir pour me dire en fermant la porte de ma chambre, que je pouvais aller prendre ma douche. Euh, il était resté dans la chambre.

J'ai finalement pu survivre, et après être passée une phase "rouge" (un signe de rémission de la maladie est que l'on devient rouge fluo et que la peau se met à démanger) et suis repartie avec un oeil droit qui voyait très mal. Des examens en France on révélé une tâche grise au milieu du champ visuel de mon oeil droit, signe que mon nerf optique avait été attaqué, probablement par la fièvre, ou encore par le traitement antibiotique administré contre la typhoïde. J'ai pu enfin récupérer une vision correcte depuis quelques semaine après un bon mois d'apprentissage de la vie de malvoyant...

Allez ce qu'il y a de bon dans tout ça, c'est que sur les 4 formes de dengue connues, il ne m'en reste plus que trois à me farcir avant d'obtenir l'immunité parlementaire totale ! En espérant que cela me tombe sur le coin du nez dans une autre vie, en tous les cas pas au Cambodge !

3 commentaires:

Dominique a dit…

Bien content d'apprendre que ça va mieux.

Dominique.

Est-elle a dit…

A plus de 3000 $ la semaine, c'est vraiment du vol...

Est-elle a dit…

il doit y avoir un problème : soit ça dépend du médecin, soit ça dépend du faciès du client, mais un pote qui est en ce moment à la même clinique pour la dengue, lui il a une chambre deux fois plus grande que la mienne, lui on lui a nettoyé sa chambre deux fois, lui on lui a servi son petit déjeuner, et son déjeuner, son diner, lui il a eu de l'aide pour sa douche et lui il a eu des antibiotiques pour être soigné !!!!